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  • En février 2020 et dans la continuité de l’autoenquête travaillée dans notre numéro « Pied à terre », le groupe son de Jef Klak était invité au festival « Longueur d’ondes » à Brest. À plusieurs voix, nous sommes revenu⋅es sur les pratiques collectives du son en dressant un panorama de nos recherches et expérimentations de différents modes de productions et de collaborations. Au delà du plaisir et de l’enjeu de fabriquer ensemble, comment produire des œuvres, des objets culturels sans avoir de chaînes de hiérarchie entre nous ?

    Discussions et écoute d’extraits de nos différentes créations sonores pour faire entendre nos tentatives et nos réflexions, et entrer ainsi dans la fabrique collective du collectif…

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Jef Klak va voir ailleurs

Précédemment dans Jef Klak

« Les algorithmes organisent massivement l’autoexploitation. » Le droit du travail à l’épreuve de l’uberisation. Entretien avec Barbara Gomes

Travail à la tâche sous-payé et sans protection sociale, enfants livrant illégalement pour Uber ou Deliveroo, subordination aux algorithmes qui imposent un rythme de travail toujours plus effréné… Sous couvert d’une soi-disant révolution numérique, les plateformes et les tenants de la « start-up nation » imposent des conditions de travail dignes du XIXe siècle. Comment font les plateformes pour contourner leurs obligations sociales ? Pourquoi leur offensive nous oblige à reconsidérer en profondeur le droit du travail ? En quoi la « loi Travail » de 2016 et le gouvernement Macron encouragent-ils ce modèle économique ? Comment livreur⋅ses et chauffeur⋅ses « uberisé⋅es » se mobilisent-iels ? Barbara Gomes, juriste et membre du collectif Pédale et tais-toi, tente de répondre à ces questions pour nous.

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« Parler des lois scélérates aujourd’hui, c’est donner des outils politiques pour les contester. » Entretien avec Raphaël Kempf

Depuis le samedi 14 septembre et la tragi-comique affaire du homard à Nantes 1, on sait que la fabrication d’un crustacé en papier mâché peut valoir une garde à vue et une tentative d’inculpation pour « association de malfaiteurs ». Néanmoins, pas de quoi jouer les surpris⋅es, tant les lois liberticides s’enchaînent en France à une vitesse croissante depuis une vingtaine d’années.

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  1. Voir Elsa Gambin, « À Nantes, 48 heures de garde à vue pour un homard de carnaval », Médiapart, 17 sept. 2019.

L’École de la Grève de Burston 1914-1939

La plus longue grève de l’histoire d’Angleterre ne fut pas une grève de mineurs, quoiqu’à ses débuts, en 1914, ses acteurs et actrices principales n’avaient pas encore atteint l’âge de la majorité légale. À Burston, petite bourgade anglaise, suite au renvoi d’un couple de profs par une alliance d’élites locales et de propriétaires terriens à la tête de l’école communale, les enfants et les familles de la classe ouvrière ont initié un boycott qui a duré vingt-cinq ans…
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« Nous venions de trois générations politiques différentes » Entretien avec Nanni Balestrini et Sergio Bianchi à propos de La Horde d’or, Italie 1968-1977

Nanni Balestrini est mort lundi 20 mai dernier, à Rome, à l’âge de 84 ans.

L’écrivain et poète milanais a largement contribué à la « la grande vague révolutionnaire et créative, politique et existentielle » de l’Italie d’après-guerre. Il avait ainsi participé en 1968 à la création du groupe opéraïste Potere operaio et consacré plusieurs romans au mouvement, dont les formidables Nous voulons tout, Les Invisibles, et L’Éditeur.

À la fin des années 1980, Balestrini a orchestré, avec Primo Moroni et Sergio Bianchi, la publication de La Horde d’or, qui demeure à ce jour le seul livre qui évoque aussi complètement la foisonnante inventivité sociale, théorique, culturelle et langagière de l’Italie des années 1960-1970. Il aura fallu attendre le printemps 2017 pour découvrir cette histoire en français, grâce à une traduction parue aux éditions de l’Éclat.

En guise d’hommage à Nanni Balestrini, Jef Klak publie ici un entretien où, en compagnie de Sergio Bianchi, il répond aux questions du collectif de traduction de L’Orda d’oro, initialement publié dans le nº 1 de leur Journal de traduction, en septembre 2008.

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« Elle va trop vite, elle est trop musculeuse, elle est poilue. » Le sport, une police du genre ? Entretien avec Anaïs Bohuon, sociohistorienne

Depuis quelques semaines, l’athlète sud-africaine Caster Semenya défraye la chronique. La triple championne du monde du 800 mètres conteste une mesure qui oblige les sportives qui ont un taux élevé de testostérone à le faire baisser pour participer aux compétitions. La Fédération internationale d’athlétisme cherche ainsi à tout prix à sauvegarder l’illusion d’une certaine équité, entreprise d’autant plus vaine qu’aux inégalités de conditions de vie et d’entraînement s’ajoute l’infinie diversité des morphologies. Parmi les outils en usage dans le milieu sportif, la catégorisation selon le sexe est à la fois le réceptacle et le relais des pires préjugés de genre.

Pour Jef Klak, Anaïs Bohuon retrace l’histoire sociale et politique des tests de féminité et des contrôles de genre dans le sport où l’on constate que les cas échappant aux moules médicaux grossiers peuvent devenir des révélateurs de l’arbitraire scientifique, et même des armes de domination géopolitique.

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Borroka ! Voyage en Pays basque insoumis

Après Constellations en 2014, puis Contrées et Défendre la ZAD en 2016, le collectif Mauvaise Troupe revient en ce printemps avec un nouvel opus, Borroka !. Rédigé en vue du contre-sommet du G7 qui se tiendra en août 2019 à Biarritz, cet abécédaire arpente comment l’Euskadi – le Pays basque – représente un « monde en interstices d’un peuple qui se bat pour l’indépendance de son territoire ».

En exclusivité, Jef Klak publie trois extraits de cet abécédaire contestataire autour des pratiques culturelles euskara.

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La radicalisation n’existe pas, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne soit rien Les sciences sociales à l’appui d’une nouvelle raison d’État

Le discours sur la radicalisation s’est amplifié depuis les attentats de 2015 à Paris. Un champ de recherche s’est constitué autour de cette notion confuse, nourri de savoirs produits par des chercheur·es en sciences sociales. Contestables, ces savoirs ont l’avantage d’être prêts à l’emploi pour toutes sortes d’instances, des services sociaux à l’institution pénitentiaire, et sont mobilisés aussi bien dans les discours politiques qu’administratifs.

Hamza Esmili, doctorant en sociologie, revient sur l’élaboration de ce concept bancal qui permet utilement de dépolitiser la violence qu’il cible et de réaffirmer l’ordre libéral et les contours souverains de la nation.

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Action(naires)/ Réaction(naires) Notes sur La Société ingouvernable de Grégoire Chamayou

Contrairement à sa dépolitisante condamnation médiatique et policière, la joyeuse mise à feu et à sac de « la plus belle avenue du monde » par une rue jaune de rage samedi dernier a été un message clair aux maîtres (de la fin) du monde. Pas simplement adressé gouvernement actuel de l’entreprise-France, mais aussi aux multinationales, ces gouvernements privés qui tentent encore de faire croire que leurs décisions répondent à une raison économique par delà le bien et le mal, par delà le politique. Dans La Société ingouvernable. Une généalogie du libéralisme autoritaire (La Fabrique, 2018), Grégoire Chamayou décrypte cette soi-disant raison économique en relisant les écrits et controverses des théoriciens du management et autres militants de l’économie ; il propose à ses lecteurs et lectrices une boîte à outil pour mieux appréhender les formes contemporaines du pouvoir. Mathieu Triclot nous en livre une recension placée sous le signe de l’amitié philosophique : pas de regard expert, mais une lecture critique d’un ouvrage qui cogne et enrage.
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BD – Martine au Lycée Ou comment Macron veut détruire l’avenir de nos enfants

Scénario : Des lycéen⋅nes et des profs des Ardennes

« Lutter, c’est créer », disait l’autre. Quand, sur les terres oubliées des Ardennes, profs et lycéen·nes se réunissent hors des heures de cours pour discuter ensemble de la réforme Blanquer, cela donne une magnifique bande-dessinée illustrée par l’excellentissime Baptiste Alchourroun. En deux pages, tout comprendre ou presque des injustices sociales en marche dans l’école publique ! Du matos à télécharger pour informer sur les piquets de grève, dans les salles de profs et manifs lycéennes. Ou pour créer de nouvelles alliances. Cadeau.
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