Advertisement

Écoutez la nouvelle création sonore de Jef Klak !

Sinon on dit qu’on s’est fait piquer le CD

Jef Klak

00:06

Plus d’infos…

Précédemment dans Jef Klak :

L’École de la Grève de Burston 1914-1939

La plus longue grève de l’histoire d’Angleterre ne fut pas une grève de mineurs, quoiqu’à ses débuts, en 1914, ses acteurs et actrices principales n’avaient pas encore atteint l’âge de la majorité légale. À Burston, petite bourgade anglaise, suite au renvoi d’un couple de profs par une alliance d’élites locales et de propriétaires terriens à la tête de l’école communale, les enfants et les familles de la classe ouvrière ont initié un boycott qui a duré vingt-cinq ans…
Lire la suite

« Nous venions de trois générations politiques différentes » Entretien avec Nanni Balestrini et Sergio Bianchi à propos de La Horde d’or, Italie 1968-1977

Nanni Balestrini est mort lundi 20 mai dernier, à Rome, à l’âge de 84 ans.

L’écrivain et poète milanais a largement contribué à la « la grande vague révolutionnaire et créative, politique et existentielle » de l’Italie d’après-guerre. Il avait ainsi participé en 1968 à la création du groupe opéraïste Potere operaio et consacré plusieurs romans au mouvement, dont les formidables Nous voulons tout, Les Invisibles, et L’Éditeur.

À la fin des années 1980, Balestrini a orchestré, avec Primo Moroni et Sergio Bianchi, la publication de La Horde d’or, qui demeure à ce jour le seul livre qui évoque aussi complètement la foisonnante inventivité sociale, théorique, culturelle et langagière de l’Italie des années 1960-1970. Il aura fallu attendre le printemps 2017 pour découvrir cette histoire en français, grâce à une traduction parue aux éditions de l’Éclat.

En guise d’hommage à Nanni Balestrini, Jef Klak publie ici un entretien où, en compagnie de Sergio Bianchi, il répond aux questions du collectif de traduction de L’Orda d’oro, initialement publié dans le nº 1 de leur Journal de traduction, en septembre 2008.

Lire la suite

« Elle va trop vite, elle est trop musculeuse, elle est poilue. » Le sport, une police du genre ? Entretien avec Anaïs Bohuon, sociohistorienne

Depuis quelques semaines, l’athlète sud-africaine Caster Semenya défraye la chronique. La triple championne du monde du 800 mètres conteste une mesure qui oblige les sportives qui ont un taux élevé de testostérone à le faire baisser pour participer aux compétitions. La Fédération internationale d’athlétisme cherche ainsi à tout prix à sauvegarder l’illusion d’une certaine équité, entreprise d’autant plus vaine qu’aux inégalités de conditions de vie et d’entraînement s’ajoute l’infinie diversité des morphologies. Parmi les outils en usage dans le milieu sportif, la catégorisation selon le sexe est à la fois le réceptacle et le relais des pires préjugés de genre.

Pour Jef Klak, Anaïs Bohuon retrace l’histoire sociale et politique des tests de féminité et des contrôles de genre dans le sport où l’on constate que les cas échappant aux moules médicaux grossiers peuvent devenir des révélateurs de l’arbitraire scientifique, et même des armes de domination géopolitique.

Lire la suite

Borroka ! Voyage en Pays basque insoumis

Après Constellations en 2014, puis Contrées et Défendre la ZAD en 2016, le collectif Mauvaise Troupe revient en ce printemps avec un nouvel opus, Borroka !. Rédigé en vue du contre-sommet du G7 qui se tiendra en août 2019 à Biarritz, cet abécédaire arpente comment l’Euskadi – le Pays basque – représente un « monde en interstices d’un peuple qui se bat pour l’indépendance de son territoire ».

En exclusivité, Jef Klak publie trois extraits de cet abécédaire contestataire autour des pratiques culturelles euskara.

Lire la suite

La radicalisation n’existe pas, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne soit rien Les sciences sociales à l’appui d’une nouvelle raison d’État

Le discours sur la radicalisation s’est amplifié depuis les attentats de 2015 à Paris. Un champ de recherche s’est constitué autour de cette notion confuse, nourri de savoirs produits par des chercheur·es en sciences sociales. Contestables, ces savoirs ont l’avantage d’être prêts à l’emploi pour toutes sortes d’instances, des services sociaux à l’institution pénitentiaire, et sont mobilisés aussi bien dans les discours politiques qu’administratifs.

Hamza Esmili, doctorant en sociologie, revient sur l’élaboration de ce concept bancal qui permet utilement de dépolitiser la violence qu’il cible et de réaffirmer l’ordre libéral et les contours souverains de la nation.

Lire la suite

Action(naires)/ Réaction(naires) Notes sur La Société ingouvernable de Grégoire Chamayou

Contrairement à sa dépolitisante condamnation médiatique et policière, la joyeuse mise à feu et à sac de « la plus belle avenue du monde » par une rue jaune de rage samedi dernier a été un message clair aux maîtres (de la fin) du monde. Pas simplement adressé gouvernement actuel de l’entreprise-France, mais aussi aux multinationales, ces gouvernements privés qui tentent encore de faire croire que leurs décisions répondent à une raison économique par delà le bien et le mal, par delà le politique. Dans La Société ingouvernable. Une généalogie du libéralisme autoritaire (La Fabrique, 2018), Grégoire Chamayou décrypte cette soi-disant raison économique en relisant les écrits et controverses des théoriciens du management et autres militants de l’économie ; il propose à ses lecteurs et lectrices une boîte à outil pour mieux appréhender les formes contemporaines du pouvoir. Mathieu Triclot nous en livre une recension placée sous le signe de l’amitié philosophique : pas de regard expert, mais une lecture critique d’un ouvrage qui cogne et enrage.
Lire la suite

BD – Martine au Lycée Ou comment Macron veut détruire l’avenir de nos enfants

Scénario : Des lycéen⋅nes et des profs des Ardennes

« Lutter, c’est créer », disait l’autre. Quand, sur les terres oubliées des Ardennes, profs et lycéen·nes se réunissent hors des heures de cours pour discuter ensemble de la réforme Blanquer, cela donne une magnifique bande-dessinée illustrée par l’excellentissime Baptiste Alchourroun. En deux pages, tout comprendre ou presque des injustices sociales en marche dans l’école publique ! Du matos à télécharger pour informer sur les piquets de grève, dans les salles de profs et manifs lycéennes. Ou pour créer de nouvelles alliances. Cadeau.
Lire la suite

Manuel pour les habitants des villes 2/3 : Pour l’instant c’est là qu’on habite Enquête en centre d’hébergement d’urgence et de réinsertion sociale

Ce « manuel pour les habitants des villes » est un documentaire, en trois volets – à lire et écouter – réalisé par le collectif Précipité dans trois centres d’hébergement d’urgence et de réinsertion sociale, avec leurs habitants. Entre 2003 et 2010, au cours d’ateliers de parole et de réflexion s’échangent les situations sociales et politiques. Comment vivre sans papiers, vivre sans logement, être chômeur ou travailleur précaire ? Quelles expériences des frontières, de l’hébergement social, de l’insertion par le travail ? Comment ces dispositifs de contrôle et de gestion, qui invisibilisent, imposent leur rythme et leurs itinéraires, individualisent, se retournent aussi parfois, dans les pratiques, les usages, les luttes ?
Lire la suite

« Dessiner une utopie un peu merdique. » Bâtir aussi, de la science-fiction pour ouvrir les imaginaires politiques. Entretien avec les ateliers de l’Antémonde

Les ateliers de l’Antémonde ont entrepris d’écrire la vie quotidienne d’un monde révolutionné, anti-autoritaire et anti-capitaliste, dix ans après un soulèvement mondial, l’Haraka. Leurs séances d’écriture collective ont donné naissance au recueil de nouvelles Bâtir aussi, que leurs auteur·es qualifient elles et eux-mêmes d’« utopie ambiguë ». Car si on peut y entrevoir des futurs enthousiasmants, tout est à réinventer collectivement dans ce monde d’après. Le livre, publié en mai 2018 par les éditions Cambourakis, n’a pas clôturé l’exercice : il est devenu le point de départ d’ateliers de réflexion et d’imagination itinérants, les « labo-fictions ». Quand la (science-)fiction devient un levier pour penser la dimension concrète et vivante de possibles processus révolutionnaires.
Lire la suite

Réforme Blanquer : « Les changements sont gigantesques et violents » Entretien avec trois enseignant·es sur la réforme du bac et de l’école publique

Loi sur l’autonomie des universités en 2007, Parcoursup en 2018, réformes des collèges en rafale ces dernières années, réorganisation des écoles primaires en 2008, mutations incessantes des programmes au lycée… L’enseignement public est la pâte à modeler des gouvernements qui se succèdent pour imposer leur vision de la société. Avec Macron, l’étau se resserre. La réforme des lycées et la loi dite « de l’école de confiance » en train d’être votée constituent un changement radical dans la définition de l’éducation publique. D’un côté le statut des enseignant·es se rapproche de celui des militaires, avec interdiction de critiquer l’institution, les drapeaux et les paroles de l’hymne national qui font leur entrée dans les salles de classe, et de l’autre côté, les lycéen·nes désormais trié·es dès la seconde, sans droit à l’erreur. Pendant que les établissements privés bénéficient d’une nouvelle logique de choix d’options à la carte, le métier d’enseignant·e se précarise à une vitesse folle sous prétexte d’austérité, la mise en concurrence des lycées accroît les inégalités territoriales et les conditions matérielles d’apprentissage se dégradent. Bref, la volonté de casser l’école publique, aussi vieille que le libéralisme, est en passe d’aboutir avec Emmanuel Macron et son ministre Blanquer. Les (futur·es) lycéen·nes sont bien entendu concerné·es, mais aussi toute personne qui voit dans l’éducation autre chose qu’une mise au pas de la jeunesse. Jef Klak a rencontré trois profs pour comprendre de quoi il retourne et comment lutter pour une école encore éprise de liberté, d’esprit critique et de justice sociale.
Lire la suite

Pour une réappropriation démocratique des médias Appel

Nous lançons avec des associations, des organisations de journalistes, des médias, des syndicats et des organisations politiques une déclaration commune pour se « mobiliser pour une réappropriation démocratique des médias ». Cette déclaration, à diffuser et signer largement, est une première étape dans la construction d’une mobilisation et d’initiatives communes pour transformer les médias
Lire la suite

Los Angeles 2019 : la révolte des lycées Un mouvement tenace et victorieux pour l’école publique

Démarrée en 2018 en Virginie-Occidentale, la vague de grèves des enseignant·es et personnels d’éducation aux États-Unis engrange d’importantes victoires. Les spécificités de ce mouvement sont nombreuses : distance par rapport aux syndicats traditionnels, alliances avec les organisations de travailleurs et travailleuses précaires, revendications antiracistes et de justice sociale… Le but n’est pas seulement l’augmentation des salaires, mais l’égalité territoriale, sociale et raciale des élèves états-unien·nes. Du 14 au 22 janvier 2019, c’est dans le comté de Los Angeles que plus de 30 000 enseignant·es sont sorti·es de leurs salles de classe pour finalement faire plier l’administration : 6 % d’augmentation de salaire, quatre élèves de moins par classe, une infirmière à temps plein dans chaque école, des programmes sociaux pour les enfants les plus défavorisés… C’est l’histoire racontée par Magally Miranda Alcázar, militante et étudiante en Californie. De quoi inspirer les luttes qui s’organisent pour refuser le modèle libéral de l’éducation, à l’heure où la réforme Blanquer cherche à imposer en France un modèle à l’américaine.
Lire la suite

Manuel pour les habitants des villes 1/3 : Nous sommes dans la frontière Enquête en centre d’hébergement d’urgence et de réinsertion sociale

Ce « manuel pour les habitants des villes » d’aujourd’hui est un documentaire, en trois volets – à lire et écouter – réalisé par le collectif Précipité dans trois centres d’hébergement d’urgence et de réinsertion sociale, avec leurs habitants entre 2003 et 2010. Comment vivre sans papiers, sans logement ? C’est quoi être chômeur ou travailleur précaire ? Quelles expériences des frontières, de l’hébergement social, du travail ? Comment ces dispositifs de contrôle et de gestion de la précarité imposent leur rythme et leurs itinéraires, individualisent, se retournent, parfois, dans les pratiques, les usages, les luttes ?
Lire la suite

Contrariétés

C’est toujours au sein d’une idéologie que de nouvelles idées naissent. Des idées : autres. Souvent, elles viennent d’ailleurs. Cela fonctionne par râpes. Dans le monde mondialisé, qui est d’une complexion complexe, cela devient de plus en plus compliqué. On peut se demander si l’ailleurs existe, et si oui pour combien de temps.

C’est comme les bouquetins : il y en a dans les Alpes, mais finalement assez peu et parce qu’on les y a réintroduits.

Lire la suite

« Je suis un artiste de propagande » L’art contemporain comme outil révolutionnaire : entretien avec Jonas Staal

Jonas Staal est un artiste contemporain hollandais dont le travail questionne les liens entre art et idéologie. Il a soutenu une thèse de doctorat intitulée L’Art et la Propagande au XXIe siècle et travaille, depuis 2012, à l’organisation de sommets internationaux réunissant des groupes considérés comme terroristes par les institutions internationales. En 2015, il a élaboré avec son studio un parlement pour le gouvernement autonome du Rojava.
Lire la suite

« Menteur comme un turfiste » Confidences de PMU

Les yeux rivés sur l’écran, ses doigts agitent frénétiquement des tickets qui alignent d’obscures combinaisons de chiffres. Sur le zinc, un Paris-Turf griffonné a été abandonné aux côtés d’une bière déjà éventée. Depuis un PMU niché en Bretagne, entretien avec Patrick, joueur invétéré qui nous dévoile l’univers des paris hippiques à travers ses tentatives de débusquer la faille ultime et les rêves insondables de ceux qui veulent « jouer avec leurs émotions ».
Lire la suite

Les Magiciens de la géométrie Visite critique de l’exposition Géométries Sud. Du Mexique à la terre de feu

Proposer d’aborder l’art des pays d’Amérique latine à travers le thème de la géométrie ne suffit pas pour le regarder sans préjugés. L’art est décidément politique : il charrie une histoire, il véhicule des idées. Encore faut-il lui permettre de les exprimer dans le contexte d’une exposition… Quelle peut donc être la bonne position curatoriale ? Comment penser le partage entre œuvres et objets d’art, entre art occidental et non-occidental, sans un regard surplombant, en montrant le dialogue entre les uns et les autres ?

Lire la suite

« Ils voulaient éliminer Philippe socialement, mais c’est raté » Entretien croisé autour du film Faites sortir l’accusé

Si la France ne guillotine plus, elle continue d’exécuter. En 1985, Philippe Lalouel, 21 ans, se fait arrêter pour un braquage. Il n’est plus sorti de prison depuis, mis à part le temps de quelques brèves évasions et d’une conditionnelle accordée en 2009. C’est alors qu’il rencontre Monique. Victime d’isolement et de conditions matérielles cauchemardesques, il se fait reprendre pour de nouveaux braquages. En 2014, Philippe est condamné à dix-sept ans de prison supplémentaires. C’est pour mieux se préparer à l’appel de ce nouveau procès que se forme alors un comité de soutien autour de Philippe et Monique.
Lire la suite

Massdrovia, épisode 1 Journal de la Plaine en lutte, extraits

Entre l’effondrement criminel des immeubles de la rue d’Aubagne le 5 novembre dernier (8 personnes décédées) et la construction d’un mur pour protéger le chantier pharaonique de la Plaine, les événements se sont récemment succédé dans le centre-ville de Marseille, soulevant un vent de contestation. Alors que ça bouillonne, quelques camarades des environs ont eu envie de sortir un petit journal consacré aux derniers remous. Intitulé Massdrovia et distribué le jour de l’Appel au Masse, manifestation du 24 novembre ultra-fliquée, il se composait d’articles, cartes et dessins consacrés à deux des pans de la lutte, qui au fond n’en font qu’un : Noailles et la Plaine. Jef Klak publie ici les articles et illustrations concernant le projet de requalification de la Plaine et le mur qui l’accompagne, selon leur ordre d’apparitions dans le journal. Lequel porte une revendication très simple : « L’arrêt immédiat des travaux sur la Plaine. » Capice ?
Lire la suite