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Jef Klak va voir ailleurs

Précédemment dans Jef Klak

Exproprions tout ! À Berlin, socialiser la propriété pour lutter contre la gentrification

Traduit de l’anglais par Mickaël Correia et Lucile Dumont.
Texte original : « Expropriate Everything », paru dans The Brooklyn Rail, Field Notes, juillet-août 2019, disponible sur <brooklynrail.org>.

Le 23 février dernier, pour freiner la flambée du prix du logement provoquée par la gentrification de Berlin, les loyers de la capitale allemande ont été gelés pour une durée de cinq ans. Mais cette mesure cache mal le moteur principal de la gentrification, c’est-à-dire la place grandissante de l’immobilier dans la stratégie de croissance mondiale du capital. Représentant aujourd’hui 60 % des actifs mondiaux, l’immobilier façonne désormais l’espace urbain dans une seule optique : engendrer toujours plus de profit. Face à cette déferlante, les militant·es berlinois·es du logement luttent pour l’expropriation des propriétaires immobiliers. Pour sortir définitivement le logement de sa logique marchande et se réapproprier nos villes comme nos vies.

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Devant Moria 2/2 « Je n’ai même pas fait mes valises. »

Photographies par Ahmad Ebrahimi

Ouvert en 2013 sur l’île de Lesbos en Grèce sur le site d’une ancienne base militaire, le camp de Moria accueille et retient les réfugié·es qui cherchent à rejoindre l’Europe. L’un des cinq centres d’enregistrement et de contrôle situés en mer Egée, il se double d’un centre de détention, témoignant d’une gestion sécuritaire et d’une criminalisation de ces migrations. Coercition, détention arbitraire, expulsions, refoulements massifs et violations des droits fondamentaux sont au rendez-vous. Prévu pour loger 3 000 personnes, on dénombre en janvier 2020 plus de 20 000 personnes vivant à l’intérieur du camp et à ses abords.

En septembre 2018, Clément Aadli, Adrien Chevrier et Amélie Perrot mettent en place des ateliers de radio hébergés dans un accueil de jour situé en marge du camp. Emportant des enregistreurs avec elles et eux, les participant·es des ateliers racontent, interviewent d’autres habitant·es, captent la vie du camp et inventent leur radio (voir à ce sujet la première partie de cette publication, « Une radio face au camp de réfugié⋅es de Lesbos »). À l’heure où la crise du coronavirus et le défaut de protection sanitaire les vulnérabilisent encore davantage, retour sur le parcours de quatre réfugiés de Moria, partis d’Iran, du Cameroun ou d’Afghanistan. Portraits.

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Devant Moria 1/2 Une radio face au camp de réfugié·es de Lesbos

Photographies par Ahmad Ebrahimi

Ouvert en 2013 sur l’île de Lesbos en Grèce sur le site d’une ancienne base militaire, le camp de Moria accueille et retient les réfugié·es qui cherchent à rejoindre l’Europe. L’un des cinq centres d’enregistrement et de contrôle situés en mer Egée, il se double d’un centre de détention, témoignant d’une gestion sécuritaire et d’une criminalisation de ces migrations. Coercition, détention arbitraire, expulsions, refoulements massifs et violations des droits fondamentaux sont au rendez-vous. Prévu pour loger 3 000 personnes, on dénombre en janvier 2020 plus de 20 000 personnes vivant à l’intérieur du camp et à ses abords.

En septembre 2018, Clément Aadli, Adrien Chevrier et Amélie Perrot mettent en place des ateliers de radio hébergés dans un accueil de jour situé en marge du camp. Emportant des enregistreurs avec elles et eux, les participant·es des ateliers racontent, interviewent d’autres habitant·es, captent la vie du camp et inventent leur radio. Retour en deux parties sur cette expérience radiophonique à l’heure où la crise du coronavirus et le défaut de protection sanitaire vulnérabilisent encore davantage les réfugié·es de Moria.

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« Entre les Algériens et les Français, il y a un couteau. » L’homme arabe, la France et les identités sexuelles. Entretien avec Todd Shepard

Si les Arabes sont une vieille obsession française, les visions fantasmées qui en ont découlé sont le fruit d’une longue histoire. Dans Mâle décolonisation (Payot, 2017) l’historien Todd Shepard revient sur le moment particulier qu’a constitué à cet égard l’après-guerre d’Algérie. Il y retrace comment, de 1962 à 1979, l’homme arabe est devenu en France une figure omniprésente dans les débats de société les plus divers, consubstantielle aux positions politiques de l’extrême droite comme de l’extrême gauche, et façonnant des mouvements de libération homosexuels et féministes. C’est à l’aune de l’étude de cette période unique que les formes contemporaines de racisme s’éclaircissent.

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Virus global, misère locale La pandémie et la rue à Strasbourg

« Restez chez vous ! » Deux mois que le mot d’ordre est asséné par les médias à destination des foules prétendument irresponsables. Mais comment faire quand de chez soi, justement, on n’en a pas, ou quand il ne permet pas de mettre en œuvre les gestes barrières les plus élémentaires ? À Strasbourg comme ailleurs, les sans-abri et les habitant⋅es de squats sont rendus encore plus vulnérables par les mesures de confinement, qui les privent d’accès au droit, à l’eau, à l’hygiène la plus élémentaire. Dépassées, incapables de penser des solutions à long terme pour les plus fragiles, les municipalités laissent le virus creuser des inégalités pourtant déjà criantes.

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Allô Pénicaud ? Des travailleur·euses meurent du Covid-19 Entretien avec Matthieu Lépine, recenseur des accidents du travail

Depuis janvier 2019, le compte Twitter « Accident du travail : silence des ouvriers meurent » recense quotidiennement les accidents graves ou mortels du travail. Derrière cette tâche de longue haleine se cache Matthieu Lépine, professeur d’histoire-géographie dans un collège de Montreuil (93). Depuis le début du confinement, il répertorie et cartographie les salarié·es qui meurent du coronavirus après l’avoir contracté assurément ou très probablement au travail. L’objectif ? Mettre en lumière les victimes derrière l’anonymat de ces chiffres et dénoncer l’impact des politiques gouvernementales sur les travailleur·euses les plus précaires. Entretien.
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Milan, guide rouge Mode, précarité et biosyndicats

Afin de prolonger la publication de la semaine dernière sur les conséquences sanitaires et économiques de la pandémie de Covid-19, nous republions un article en forme de guide politico-touristique revenant sur l’histoire sociale de Milan et de ses luttes populaires. Où l’on suivra la route du précariat moderne, l’imposition du travail gratuit dans les métiers culturels, et des idées d’organisation : des syndicats du quotidien autrement appelés « biosyndicats ».

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Revenu de confinement maintenant ! Pandémie et crise économique en Italie

Traduit de l’italien par Cabiria Chomel et Lucile Dumont
Articles initialement publiés sur dinamopress.it

En Italie comme dans la majorité des pays, la crise sanitaire suscitée par la pandémie de Covid19 agit comme le catalyseur d’une crise économique venue de loin, qui creuse l’écart entre les mieux loti·es et les plus précaires. Avec les interdictions de déplacement et de sortie, les travailleur·ses au noir, intermittent·es, indépendant·es, saisonnier·es et auto-entrepreneur·ses, le plus souvent exclu·es des systèmes de protection sociale caractéristiques du travail salarié, ont perdu du jour au lendemain toute forme de rémunération. La mise en place d’un revenu de confinement pourrait donner les moyens de survivre, même provisoirement, à toutes celles et ceux pour qui la crise ne s’arrêtera pas avec la fin de la pandémie. Les deux textes qui suivent analysent la crise en cours et celle à venir tout en examinent la nécessité de mesures économiques et politiques d’urgence.

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Covid-19, la grève des loyers comme immunité collective

Traduit de l’italien par Alèssi Dell’Umbria
Texte original : « « Covid-19, lo sciopero degli affitti come immunità di gregge » », Napoli Monitor, 29 mars 2020.

Depuis quelques semaines, l’appel à une grève des loyers à partir du 1er avril s’est propagé comme une traînée de poudre. Lancée depuis divers grandes villes des États-Unis, cette initiative rencontre actuellement un écho en Espagne et en Italie – et depuis peu en France. En effet, face à l’épidémie de coronavirus, des millions de personnes sont actuellement confinées chez elles. Ne pouvant travailler, elles n’ont plus de revenus et in fine, ne sont pas en mesure de payer leur loyer. Mais plus qu’une mesure de survie pour les plus précaires, la grève généralisée des loyers affecterait les revenus des grands propriétaires et des groupes immobiliers.
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Copos de memoria Souvenirs d’exilé⋅es de la guerre d’Espagne

Le 8 février 1939, plus de trois cents réfugiées de la guerre civile d’Espagne arrivent dans le petit village de Miramont-de-Comminges. Parties dans l’extrême urgence pour fuir les troupes du général Franco, ces familles, comme tant d’autres, voyaient leur périple prendre fin non loin des Pyrénées. Barrière naturelle traversée à pied en plein hiver et ultime obstacle d’un parcours qui, pour certaines, a duré près de quatre ans. Quatre années d’errance et de dérive dictées par les mouvements du front de la guerre. De 2015 à 2017, lors d’un projet d’installation sonore et plastique, Émilie Mousset et Delphine Lancelle ont recueilli des flocons de mémoire (copos de memoria) la parole des enfants d’alors, survivantes de cet exode sinueux dont on se souvient sous le nom de Retirada.
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