Art

      « Je suis un artiste de propagande » L’art contemporain comme outil révolutionnaire : entretien avec Jonas Staal

      Jonas Staal est un artiste contemporain hollandais dont le travail questionne les liens entre art et idéologie. Il a soutenu une thèse de doctorat intitulée L’Art et la Propagande au XXIe siècle et travaille, depuis 2012, à l’organisation de sommets internationaux réunissant des groupes considérés comme terroristes par les institutions internationales. En 2015, il a élaboré avec son studio un parlement pour le gouvernement autonome du Rojava.

      Les Magiciens de la géométrie Visite critique de l’exposition Géométries Sud. Du Mexique à la terre de feu

      Proposer d’aborder l’art des pays d’Amérique latine à travers le thème de la géométrie ne suffit pas pour le regarder sans préjugés. L’art est décidément politique : il charrie une histoire, il véhicule des idées. Encore faut-il lui permettre de les exprimer dans le contexte d’une exposition… Quelle peut donc être la bonne position curatoriale ? Comment penser le partage entre œuvres et objets d’art, entre art occidental et non-occidental, sans un regard surplombant, en montrant le dialogue entre les uns et les autres ?

      Le premier des 1er-Mai Le mai sanglant de Haymarket. Monuments statiques contre mouvements sociaux

      Le 1er mai 1886, lors de la journée internationale pour la réduction de la journée de travail à 8 heures, des centaines de milliers d’ouvrier·es lancent une grève d’ampleur à travers le pays. Deux jours après, alors que le mouvement se poursuit, une bombe explose sur la place de Haymarket à Chicago en plein affrontement entre les manifestant·es et la police venue les réprimer. Un policier est tué par le souffle, sept autres dans la bataille rangée qui s’en suit. Quatre anarchistes sont alors pendus. Si la lutte pour la journée de 8 heures finit par être victorieuse, la mémoire des événements n’est toujours pas acquise. Lire la suite

      Le port d’Anvers et le village fantôme Containérisation du monde et déplacements de vies

      Les marchandises s’en viennent, la vie s’en va. À l’extrême nord de la Belgique, sur les rives de l’Escaut, Anvers est aujourd’hui le deuxième port d’Europe, derrière Rotterdam, et la première place boursière mondiale. Comme au Havre en France, la zone portuaire veut s’étendre encore et toujours, et augmenter ainsi le flux de containers arrivés du monde entier. Mais ces monstres-boîtes, qui acheminent nos biens de consommation, mangent peu à peu les gens alentour. Entre les grues du port et une centrale nucléaire, le petit bled de Doel prend des airs de ville fantôme. Malgré une lutte digne et énergique des habitant.es, la population est passée d’un millier dans les années 1990 à une dizaine aujourd’hui. Lire la suite