Pied à terre (n° 6)

 

« Et nous ferons de cette ville notre ville natale. »

Averell Dalton, Daisy Town

 

« Pied à terre » est disponible en librairie et il vient de retrouver son disque de création sonore inédit !

ÉDITO
Une pièce collective en trois mots et autant de mouvements

ARRIVER

Quand tu manges une glace sur la rambla de Barcelone et que tu vois un graffiti « Tourists go home ».
Quand, évangélisateur en herbe à peine débarqué sur une île, tu te fais cribler de flèches.

On met pied à terre et le voyage prend fin. Le contact avec ce territoire, à découvrir ou à spolier, signe le début d’autre chose : une conquête, une prise de repères, un nouveau départ ou un massacre. Jamais tout à fait immobile, ni parvenu·e, on est toujours, et pour longtemps encore, en train d’arriver. Avec une question en tête : dans quoi ai-je mis les pieds ?

SE POSER

Quand tu déclares la grève illimitée de la popote au beau milieu d’une autre lutte vitale.
Quand ton collectif envisage, pour le prochain numéro de sa revue, de ne pas faire de numéro du tout.

On arrête tout et on réfléchit. Parce qu’on ne sait plus vraiment ce qu’on fait, qu’on aimerait pouvoir s’extraire un temps, se retourner et observer. Mais c’est un leurre, rien ne s’arrête jamais. On fait pause, et c’est déjà la suite qui se prépare. Alors, si ce répit n’en est pas un, comment connaître, transmettre et transformer un fonctionnement collectif ?

REVENIR

Quand tu trouves refuge, chez un⋅e ami⋅e ou un⋅e inconnu⋅e.
Quand tu as le sentiment de renaître chaque fois que tu reviens dans les Cévennes.

Le pied-à-terre, c’est le chez-soi qui peut être précaire, le quotidien sous le régime de l’intermittence. Un point fixe dans la tourmente, un repaire pour reprendre des forces, une retraite pour mieux repartir, un lieu où l’on sait que l’on pourrait revenir. Comment se l’approprier, quand on ne peut que périodiquement l’habiter ?


SOMMAIRE

Strasbourg, capitale de la clôture

Chronique d’un campement précaire

Par Justine Partout

p. 10

« Tant que le travail est fait, les patrons s’en foutent. »

Nomadisme, fêtes et travail précaire :récit d’un saisonnier agricole

Propos recueillis par Xavier Bonnefond et Florian Chavarot

p. 18

Les glaciers

Par Lorraine Druon

p. 26

Des voix venues de rêves brisés

Street Voice, journal de sans-abri de Baltimore

Introduction par Yves Pagès. Traduit de l’anglais par Gaëlle Erkens

p. 32

Au jour le jour, à la nuit la nuit

Enquête sur l’hébergement de secours de migrant⋅es chez l’habitant⋅es

Par Elvina Le Poul

p. 44

« Comment pourrions-nous ne pas vouloir tout ? »

Milan, 1975-1977 : des bancs publics aux centres sociaux

Par les Circoli proletari giovanili de Milan

p. 52

Cévennes ataraxie

châtaigniers en fleur – août en printemps – squat en montagne

Par Marion Dumand

p. 55

Faire pipi partout

Montreuil depuis ses interstices

Par quelques Montreuillois⋅es

p. 60

« Nous avons besoin de vivre tout l’année. »

Entretien croisé sur les luttes contre la touristification

Propos recueillis par Alexane Brochard et Lucile Dumont

p. 70

Pas comme des loups

Extrait

p. 82

AUTOENQUÊTE

Introduction

p. 84

Questionnaire

Contribution de Jef Klak à l’enquête sur la situation de la classe ouvrière en France

Propos recueillis par Karl Marx

p. 86

« Après le café, ça devient du travail »

Autoportrait de Jef Klak en travailleur⋅se gratuit

p. 88

Les cartes magiques de Jef

Micropolitique d’une revue

p. 94

Une armoire normande dans une twingo

Jef Klak, quels sont vos désirs, quelles sont vos matérialités ?

p.100

Scrupules et étincelles

Comment (ne pas) changger de sous-titre

p. 109

« Avec cette carte, on peu aussi se perdre. »

Traduire et transmettre la lutte sur la ZAD par l’image

Propos recueillis par Céline Picard et Bruno Thomé

p. 120

Chambouler rôles et casseroles

Retour collectif sur une grève de femmes sans-terre en Amazonie

Par Nathalia Kloos

p. 130

Giboulées

Bande dessinée

Scénario de Laurence Potte-Bonneville. Dessin de Camille Potte

p. 141

Chronologie des cartes fausses

Par Antoine Mouton

p. 156

« J’avais envie de filmer autrement les filles qui me ressemblaient »

Vivre et faire des films dans un foyer pour étudiantes africaines. Entretien avec la réalisatrice Rosine Mbakam

Propos recueillis par Cabiria Chomel

p. 164

Grammaire pour cesser d’exister

Par Amélie Durand

p. 170

Des roues, un jaguar, le cosmos

Récits cartographiés maya dans le Yucatán colonial

Par Amara Leah Solari. Traduit de l’anglais par Xavier Bonnefond, Lucile Dumont et Elvina Le Poul

p. 176

Rituels de passages

Manies et manières d’arriver en ville

Propos recueillis par Judith Chouraqui

p. 187

« Une fourche, un mouchoir, et tu te débrouilles. »

La fabrique des colons en Nouvelle-Calédonie. Entretien avec Isabelle Merle

Propos recueillis par Xavier Bonnefond

p. 190

Un terrain favorable

Par Raphaëlle Efoui-Delplanque du Master de création littéraire de Paris 8

p. 202

Here

Bande dessinée

Par Richard McGuire. Traduit de l’anglais par Thomas Gosselin

p. 204

American gods stories

Migrations forcées, cultes détournés

Par Bruno Thomé

p. 211